Karthala

  • Nourri par un travail ethnographique mené depuis 2006, ce livre s'attache à décrire et à analyser la manière dont les Wayùu de Colombie tissent des liens avec leur environnement et l'investissent par leurs pratiques. Le quotidien des Wayùu est présenté à travers les multiples situations qui le jalonnent : plongée en apnée, navigation, pratiques funéraires, danses de la pluie, règlement des conflits, circulation des biens et des animaux, gestion précautionneuse des morts et des esprits, usages des lieux, interprétation des variations climatiques, des cycles stellaires, des phénomènes maritimes...

    Un souci transversal anime l'auteur : saisir la manière dont les événements sont vécus par les protagonistes. C'est un monde singulier, tiraillé par de multiples logiques et peuplé par des êtres de natures diverses que ce livre invite à découvrir. Il pointe ce faisant la nécessité de décentrer notre regard et de questionner nos propres outils conceptuels pour saisir pleinement la spécificité de l'inscription des Wayùu de Colombie dans le monde, entremêlant descriptions ethnographiques, réflexions théoriques et considérations épistémologiques.

  • Empathie ethnographique

    Bruno Martinelli

    • Karthala
    • 24 Septembre 2020

    Cet essai sur l'empathie ethnographique relève pour l'essentiel d'un questionnement épistémologique. Pour une ethnologie sortie de ses insularités traditionnelles, l'empathie est professionnellement revendiquée comme la dimension artisanale de la démarche ethnographique. Elle exprime à la fois la relation personnelle, intime, souvent solitaire, au « terrain », et le savoir-faire de l'enquête directe, fondés sur la rencontre de l'autre et dans l'histoire singulière de l'ethnologue.
    Considérée comme l'une des ressources de l'élaboration de la connaissance et du métier d'ethnologue, l'empathie prend des formes et passe par des étapes qui ont pu en faire un paradigme de la recherche pour d'autres disciplines. Comment l'empathie intervient-elle dans la démarche ethnologique et en quoi contribue-telle à la production de connaissance ?

  • Les populations autochtones d'Amazonie sont les cibles de campagnes d'évangélisation depuis la période coloniale. Si certaines d'entre elles ont rejeté ou se sont rapidement détournées des usages chrétiens importés et imposés par les missionnaires, d'autres s'en sont au contraire emparés pour en faire une pratique socioculturelle distinctive.
    En Amazonie brésilienne, c'est le cas des Baniwa, un groupe de langue arawak dont les membres adhèrent majoritairement au christianisme évangélique. Établis dans la région du Haut Rio Negro, les Baniwa se sont convertis à ce mouvement d'origine protestante sous l'influence d'une missionnaire étatsunienne au milieu du XXe siècle.
    Fondé sur une minutieuse enquête de terrain, cet ouvrage explore les pratiques religieuses des membres de ce groupe et plus particulièrement de ceux qui ont quitté leurs villages pour s'établir en ville ou en périphé¬rie urbaine. À partir d'une réflexion qui articule quatre thématiques - les conversions amérindiennes, l'expansion des Églises évangéliques au Bré¬sil, le chamanisme et les mouvements indigènes - il éclaire une facette méconnue du rapport des Indiens d'Amazonie au christianisme. Alors que les conversions des populations autochtones des basses terres de l'Amérique du Sud sont généralement présentées dans la littérature anthropo¬logique comme des phénomènes éphémères, l'auteure met en évidence la pérennité du mouvement évangélique baniwa qui, sous l'influence des mobilisations politiques indigènes, s'émancipe de la tutelle des missionnaires et des pasteurs non-indiens et se consolide à travers la constitution d'un vaste réseau d'Églises autonomes, tout en donnant lieu à une reconfi¬guration de la place du chamanisme au sein du groupe. Le champ des pratiques religieuses baniwa apparaît ainsi traversé par un double mouvement d'institutionnalisation des Églises indigènes et de patrimonialisation du chamanisme.

  • C'est en hommage à Andrée Chedid et en partant de son cheminement esthétique que la réflexion entre deux frontières et entre deux genres a été échafaudée dans l'intitulé du présent recueil de textes interdisciplinaires. Mais comment entendre le mot genre ? Le sens donné ici à ce mot est double:
    Celui de "genre littéraire" mais aussi celui qui désigne aujourd'hui la différence des sexes dont Simone de Beauvoir a eu le mérite d'établir le caractère social et culturel par opposion à la naturalité qui lui avait été séculairement attribuée.

  • Fondé sur une approche analytique interdisciplinaire entre historiens et anthropologues qui privilégient le rôle et le vécu des acteurs, ainsi qu'une démarche croisée des échelles d'analyse (individuelles et collectives, spatiales, temporelles...), cet ouvrage propose une réflexion originale et inédite sur l'esclavage dans les espaces arabo-musulmans et transatlantiques. Deux thèmes complémentaires l'organisent. Le premier concerne les formes plurielles de résistances des esclaves - de la révolte à l'« accommodation » à un pouvoir - et de leurs parcours d'émancipation. Le second porte sur les dynamiques mémorielles appréhendées comme acte politique. Comment le passé de l'esclavage est-il réactualisé et vécu au quotidien ? Comment les acteurs et les groupes se le représentent-ils ? Quels usages en font-ils, dans quels contextes et avec quelles finalités ? Peut-on parler d'une mémoire globale de l'esclavage ? Pour la première fois, cet ouvrage, en réunissant les meilleurs spécialistes, établit un dialogue entre des sociétés de la Méditerranée et de l'Atlantique qui ont toutes connu l'esclavage. Il est coordonné par Olivier Leservoisier, professeur en anthropologie et membre du Centre de recherches et d'études anthropologiques (CREA) à l'université Lumière Lyon 2 et Salah Trabelsi, maître de conférences en histoire et civilisation à l'université Lumière Lyon 2, directeur adjoint du Groupe de Recherches et d'Etudes sur la Méditerranée et le Moyen-Orient (GREMMO) et membre du CIRESC.

  • En juin 1952, Soeur Magdeleine, la fondatrice des Petites Soeurs de Jésus, arrive en pleine Amazonie et laisse en repartant trois de ses jeunes soeurs, dans l'une des régions les plus pauvres du Brésil, au coeur de la tribu des Tapirapé. À l'époque, cette dernière, réduite à quarante-sept membres, était en train de se laisser mourir. Plus de cinquante ans après, les Tapirapé représentent une population de plus de cinq cents membres.

    Les Diaires (journal des Fraternités), qui retracent la vie de cette fraternité de juin 52 à la fin 1954, nous font découvrir comment ces trois Petites Soeurs de tout juste 22-28 ans s'enfouissent « sans esprit de retour », apprennent la langue et gagnent la confiance des Tapirapé au point que ceux-ci, se sentant reconnus dans leur dignité, retrouvent le goût de la vie et « renaissent » littéralement. Au point de créer une école dans leur village pour leurs propres enfants.

    Le « récit au quotidien » de ce livre nous révèle comment ces Petites Soeurs font une analyse quasi ethnologique de cette tribu d'Indiens d'Amazonie afin de mieux s'y insérer. Il nous raconte à la fois la manière de vivre des fraternités des Petites Soeurs de Jésus dans l'extrême pauvreté, et la contemplation conjointe de Jésus et de ceux dont elles tentent de partager la vie.

    Et comment encore, « Signe des temps », cette attention à l'autre et l'étonnante disponibilité intérieure qu'elle requiert les conduisent à une reconversion du sens de leur présence : « À cette époque, nous avions le désir de faire participer les Tapirapé aux fêtes chrétiennes pour les introduire peu à peu dans la connaissance de Jésus-Christ à travers l'Église. Plus tard, nous avons choisi de ne pas nous immiscer dans la religion traditionnelle des Tapirapé mais de pratiquer le dialogue interreligieux. »

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  • Le Hezbollah libanais irrite, intrigue et fascine. S'il a pu être d'abord décrit comme un parti des mustad'afîn (les « démunis ») et des mahrûmîn (les « déshérités ») dans les régions négligées de la Bekaa et du Sud-Liban puis dans la banlieue sud de la capitale, le Hezbollah joue aujourd'hui un rôle central dans la mobilisation de l'ensemble de la communauté chiite libanaise, toutes classes sociales confondues.
    L'essentiel de la production scientifique sur ce parti a principalement été consacré à son histoire, à sa mobilisation et au parcours de ses principaux dirigeants, à sa « libanisation », à sa structure politique et idéologique ainsi qu'à ses pratiques religieuses. Ce livre met l'accent sur un autre aspect : les militants du parti, qui le vivent au quotidien.
    Retraçant les histoires des femmes et des hommes qui, à un certain moment de leur vie, ont décidé de s'engager de diverses manières dans les rangs du Hezbollah, il analyse la pluralité des motivations, des parcours de vie et des types d'engagement, tout en reconstituant le système symbolique et quasi liturgique qui conditionne et entretient la mobilisation politique pour ce parti.

    Cet ouvrage repose sur une centaine d'entretiens réalisés auprès de militants et de cadres du Hezbollah entre 2005 et 2011, sur l'analyse de nombreux documents du parti (tracts, discours, vidéos...) et sur de multiples observations. Ainsi, l'auteur déconstruit le stéréotype de militants socialement marginalisés, très religieux, voire « terroristes », et relativise l'assimilation mécanique entre l'adhésion au Hezbollah et l'ensemble des expériences politiques vécues par les chiites libanais.

    Loin de se réduire à son Conseil exécutif principal, à son leadership ou à son expression officielle, ce parti est aussi l'ensemble de ses militants, qui en représente bien plus profondément la réalité. Les ressorts de la mobilisation se trouvent également dans le façonnage organisationnel que le Hezbollah offre à ses militants et qui combine coercition et sensibilisation, rétributions matérielles et symboliques.
    Pour comprendre ce que fait et ce que dit le Hezbollah, il faut saisir ce qu'il est, et la société qu'il forme. Ce livre plonge ainsi dans la société du Hezbollah, une dimension peu documentée et pourtant essentielle à la compréhension des engagements qu'il peut susciter.

  • Les Africaines du XXIe siècle ne restent pas recluses sur des territoires connus : la maternité qui semble les définir et la cuisine où elles passent du temps.
    Pour faire face aux problèmes de survie quotidienne, elles se donnent le droit de penser par elles-mêmes, de concevoir, d'imaginer des solutions, de prendre des initiatives. Elles bravent les barrières et les obstacles en "attachant leurs pagnes". Au coeur de l'Afrique en crise, théâtre de mille conflits, elles sont prêtes à prendre leurs responsabilités et à jouer un rôle de premier plan y compris en économie et en politique.
    Dans une mosaïque de situations multiples, Tanella Boni nous offre ainsi un tableau contrasté des femmes africaines, comme le sont elles-mêmes les Afriques. Un avenir s'y dessine, celui du courage et de la recherche d'un destin qui ne soit pas écrit de toute éternité.

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  • Pendant plus de vingt-cinq ans, l'auteur s'est penché sur l'institution de la chefferie africaine et l'a étudiée dans tous ses aspects : juridiques, sociaux et politiques.
    Il en a également retracé les aspects économiques et religieux. Le point central de cet ouvrage est l'analyse de la situation actuelle de la chefferie africaine à l'exemple du Togo. Cette analyse place le lecteur au coeur des démêlés conflictuels de l'Afrique contemporaine. Elle nous brosse de cette institution un tableau qui, tout en tenant remarquablement compte de la dimension historique, de la richesse des facettes et des attenants de la chefferie, constitue une histoire et une analyse de l'Etat africain à notre époque et depuis l'époque coloniale.
    C'est une histoire du Togo, une histoire contemporaine en même temps qu'une analyse des immenses difficultés auxquelles se voit confronter l'Etat africain postcolonial.

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  • Recueillis lors de plusieurs séjours de recherche entre 1985 et 1989, les soixante contes et récits présentés ici en version bilingue peul-français constituent le répertoire quasi exhaustif de Goggo Addi, une conteuse peule de Garoua (Nord-Cameroun), née vers 1911 et décédée en novembre 1999.
    Chacun des textes met en scène différentes facettes de la vision du monde dans laquelle ils s'inscrivent.
    Entre " Le chasseur qui doit apporter les poils de la queue d'une girafe princière à sa femme " et " Koumbo, la fille qui sait faire tomber la pluie ", on découvre une multitude de personnages complémentaires, qui illustrent les principaux noeuds conflictuels de la société, et qui permettent ainsi aux contes d'intervenir dans la constitution et la manifestation de l'identité culturelle.
    Le corpus de la conteuse est précédé du récit de sa vie et de l'analyse de tous les thèmes qui traversent son répertoire.

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  • L'actualité du continent africain, de la Côte d'Ivoire au Zimbabwe, de la République démocratique du Congo ou du Cameroun à la République d'Afrique du Sud, est marquée par de multiples tensions et conflits, internes ou internationaux, qui ont la terre et ses ressources pour enjeux...
    A cela au moins deux raisons : non seulement ces tensions sont en même temps sociales, politiques et économiques mais aussi, et surtout, on en a sous-estimé trop longtemps l'impact et tardé à rechercher les réponses satisfaisantes. Certes les organismes internationaux, et au premier chef la Banque mondiale, ont fait de la question foncière une de leurs priorités, tant en Afrique qu'en Asie du Sud-Est.
    Mais les solutions préconisées sont d'un tel simplisme que, bien souvent, le remède est pire que le mal. Car ce n'est ni la généralisation de la propriété privée ni le titre foncier qui sécurisent les investissements mais l'Etat qui garantit ceux-là. Si l'Etat est faible, la garantie est nulle. C'est dans ce sens qu'on peut noter un retour du foncier avec l'apparition en ce début du XXIe siècle de nouvelles problématiques dans le domaine des politiques publiques qui remettent la question foncière au centre des débats de la société civile et des démarches réformatrices.
    Mais ce retour du foncier est aussi un nécessaire retour au foncier. Les études foncières qui, depuis bientôt quarante ans, ont été un des axes centraux du développement des travaux de l'anthropologie du Droit doivent être relancées, dans l'urgence. Des pistes sont ici dessinées. Elles doivent être approfondies.

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  • L'une des formes singulières que prend la mondialisation est la circulation toujours plus vaste de modèles censés encadrer les rapports des hommes à leur corps, à leur santé, et modeler les relations des professionnels de santé à leurs objets, par des standards de prise en charge de maladie, de pandémies ou de gestion des systèmes de soin.
    Les organisations nationales et internationales semblent particulièrement friandes de ces modèles qu'elles mobilisent pour décider et agir à l'échelle d'analyse et de définition globalisées des problèmes dans le domaine de la santé. Associés au développement des sciences biomédicales, fondés dans un monde symbolique culturellement défini et restreint, les liens de ces modèles avec leur contexte d'application se posent toujours.
    Quand les anthropologues rencontrent - et révèlent - la mondialisation à l'échelle d'observation micro-locale, elle ne ressemble quasiment jamais à ce qui en est dit dans une approche globale. Aussi, l'abord, dans cet ouvrage, de pratiques de prévention, de soins, à l'échelle d'analyse locale, vient documenter les rapports - et les écarts - aux modèles mobilisés et prescrits en global. Ces derniers ne sont que rarement ceux avec lesquels travaillent les professionnels de terrain, ni ceux qui font sens dans les pratiques quotidiennes des individus, dans leurs manières de se nourrir, ou encore d'envisager l'amour, la sexualité, la famille.
    Les auteurs décrivent alors nombre de ruptures dans la circulation des modèles globalisants, lesquels n'encadrent qu'une faible part de l'action. Ils exposent les discontinuités, les recompositions et les inventions, qui affectent l'ordre des mutations prévues par la circulation de modèles, et qui balisent l'articulation de dynamiques globales de santé avec des systèmes de sens et d'action locaux, avec des histoires, des relations humaines en place.
    Cette tension, dans ce qui s'y négocie, s'y " bricole ", dans ce qu'elle produit, re-produit, transforme, parfois fragilise, participe également du processus de mondialisation, qui se fabrique aussi dans les initiatives dont les individus, en local, sont les acteurs.

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  • La question dite ethnique est apparemment au coeur de toutes les crises en Afrique : le Rwanda en 1994, la Côte d'Ivoire, le Congo ou le Burundi aujourd'hui.
    Pourtant la définition de ce qu'on appelait autrefois " les races " ou " les tribus " reste le plus souvent floue, énigmatique ou contradictoire. Autant les " ethnies " reviennent comme des évidences dans les médias, autant les historiens et les autres chercheurs en sciences sociales ont multiplié les remises en cause de ce concept et surtout de son utilisation rigide dans l'africanisme classique. Les trente études réunies ici analysent les dynamiques historiques qui ont forgé les consciences ethniques comme toutes les autres " communautés imaginées ".
    La complexité des constructions collectives, sociales et politiques propres à chaque région d'Afrique a été artificiellement simplifiée et figée dans les lectures et les pratiques coloniales qui ont souvent été intériorisées bon gré mal gré par les colonisés euxmêmes. Les dernières décennies ont été marquées par des sortes de résurgences de ce passé, correspondant en fait à des stratégies politiques et à des montages idéologiques très actuels.
    La conscience et la mobilisation ethniques, proches en cela du mouvement des nationalités dans l'Europe du XIXe siècle, sont profondément impliquées par les enjeux politiques et sociaux des Etats contemporains. Chaque situation demande donc un décryptage de l'ethnicité concernée, entre les héritages culturels d'un passé parfois très ancien, le legs de l'emprise coloniale et les adhésions ou les manipulations du temps présent.
    Dans la fièvre des affirmations identitaires actuelles et le réveil d'une ethnicité à l'échelle planétaire, les " ethnies " africaines n'échappent pas aux tentations de l'ethnisme. Les cas étudiés dans ce livre par un groupe d'historiens européens et africains méritent toujours d'être médités.

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  • L'Ile-de-France constitue le premierespace de migration pour les Antillais de la Guadeloupe et de la Martinique.
    A l'heure de la reconnaissance politique et médiatique des " minorités ", force est de constater que les populations antillaises de métropole demeurent peu et mal connues et que leur étude anthropologique est quasiment inexistante. Cet ouvrage présente les résultats d'une recherche ethnographique menée auprès de Guadeloupéens et de Guadeloupéennes vivant en région parisienne. Alors que la Guadeloupe compte parmi les départements français les plus touchés par l'épidémie de sida, il étudie les modus d'appréhension du risque de contamination clans le contexte migratoire à travers l'analyse de thèmes chers à l'anthropologie : les représentations et pratiques relatives au corps, les constructions sociales de la féminité et de la masculinité, les normes de la sexualité, les perceptions de l'identité et de l'altérité.
    Tout en offrant des données inédites sur l'expérience de l'homosexualité ou du sida, ce livre permet de déconstruire un certain nombre de stéréotypes sur " la " sexualité des Antillais-es. il propose une analyse de la matrifocalité et, plus généralement, des sociétés antillaises.

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  • Cet ouvrage, fruit d'un colloque, est unique en son genre.
    Des livres et des articles ont bien été publiés sur les procès intentés aujourd'hui en Afrique contre ceux qui pratiquent la sorcellerie maléfique mais aucun colloque international - c'est-à-dire une rencontre officielle et publique - n'avait encore été tenu sur le sujet. Et qui plus est au Cameroun, où ces questions ne sont traitées qu'à mots feutrés. Et dans le contexte chrétien de l'Université catholique d'Afrique centrale (UCAC).
    Pour que cet événement puisse avoir lieu, il fallait que la question soit à la fois brûlante - des procès par dizaines -, partagée par l'ensemble de la société et sans réponse satisfaisante. Sur quelles preuves, en effet, les magistrats pouvaient-ils se baser pour juger, à partir de la Loi moderne, de la culpabilité ou de l'innocence d'une personne accusée de pratiquer la sorcellerie, un phénomène essentiellement occulte ? Ce qu'on appelle couramment Sorcellerie fait partie, en réalité, d'un système vieux comme le monde qui comporte un versant maléfique et un versant bénéfique ou contre-sorcellerie : une stratégie que se sont donnée les hommes pour gérer avec réalisme la menace permanente du pouvoir de nuire présent en eux.
    La persistance des phénomènes maléfiques de sorcellerie, et même leur augmentation dans la société moderne, montrent la relative incapacité des institutions concernées - en particulier de la Justice - à proposer aux populations le moyen de régler leurs conflits par des moyens légaux. Un grand afflux d'auditeurs a fait de ces trois jours de rencontre une tribune où les conférenciers, magistrats ou universitaires pour la plupart, ont dû faire face à de vives réactions, ce qui a donné à l'ensemble un caractère imprévisible, chose rare dans un colloque international.

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  • Gestes d'Algérie

    Marie Virolle

    Redécouvrir une société à travers ses gestes, tel est le propos de cet essai.
    Il convie à un voyage algérien peu commun - textes et images à l'appui - dans des univers domestiques, festifs, érotiques, rituels, ludiques, où le corps en acte se déploie. Le corps est mémoire vive de l'expérience individuelle et collective. Souvent à son insu, il met en scène, en même temps que ses émotions et son efficace, des rythmes, des sens, des étymologies, des croyances, des représentations, qui lui viennent parfois de loin...
    Gestes de maternage, gestes de deuil, gestes de danse, techniques du pétrissage, gestes du discours livrent leurs codes. Etayée par une longue observation de terrain, cette lecture de la gestuelle algérienne se situe au croisement des pratiques sociales et des phénomènes de langue ou de pensée, dans un espace-temps culturel qui oscille entre le réel et le figuré.

  • Le Dossier Religions des peuples autochtones au Nord de l'Amérique Dirigé par Louis Rousseau avec les contributions de Laurent Jérôme, Claude Gélinas, Olivier Servais, Marie-Pierre Bousquet, Frédéric Laugrand et Caroline Braën. On les croyait tous convertis au christianisme. De religions autochtones, quelques groupes traditionalistes exceptés, il ne resterait plus que des artéfacts folkloriques à plumes exhibés au cours de festivals annuels et mis en vente pour les touristes visiteurs. La deuxième partie du XXe siècle a donc le plus souvent traité l'activité religieuse autochtone contemporaine comme un objet sans intérêt appelé à disparaître, emporté par la modernité victorieuse. Déjouant les prévisions et les prédictions, la recomposition actuelle d'une conscience identitaire autochtone suscite d'intenses débats internes en lien avec la dimension religieuse tressée autour du triple courant des grandes Églises chrétiennes, des Églises évangéliques et d'un nativisme qui s'élabore avec des traits du patrimoine antérieur au contact avec les blancs. Louis Rousseau a réuni six anthropologues dont les approches permettent de comprendre les changements en cours et leurs enjeux. Laurent Jérôme prend appui sur le projet de renouveler l'exposition permanente que le Musée de la civilisation du Québec consacre aux 11 Premières Nations pour analyser le nouveau type de relations qui s'instaure entre les agents d'une institution de l'État et les acteurs autochtones. À travers les conflits surgis dans le champ religieux, Claude Gélinas pose le problème de la tension entre le besoin de fabriquer de l'unité sociale et la réalité du pluralisme religieux. Olivier Servais s'attache à l'observation des transformations de la tradition des jeux de hasard. Marie-Pierre Bousquet entre en conversation avec des Anicinabek (Algonquins) autour de ce qu'elle appelle des faits bizarres et qui semblent résister à l'explication facile. Frédéric Laugrand et Caroline Braën tracent le premier portait d'ensemble de la genèse et des articulations des réseaux de réseaux créés par la mouvance évangélique et pentecôtiste qui investit le monde autochtone canadien. Varia Héritières d'un projet, porteuses d'un charisme : regards de missionnaires québécoises sur la rénovation de leur institut, par Catherine Foisy Chroniques Les catholiques français après l'épisode du mariage pour tous Compte rendu de colloque : « Les laïcs dans les religions », Besançon, 22e université d'été Lectures Dynamiques religieuses au Québec ; travaux récents publiés par : Catherine Foisy, Yvan Lamonde, Robert Mager et Serge Cantin, Géraldine Mossière, Jacques Palard, Martin Pâquet, Matteo Sanfilippo et Jean-Philippe Warren

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  • Chez les Mandingues, les chasseurs (donsow) sont considérés comme des héros civilisateurs, fondateurs des premiers empires et royaumes en Afrique de l'Ouest. Devins et guérisseurs, ils détiennent de nombreuses connaissances secrètes. Ils sont chargés d'apporter la nourriture indispensable à la survie de leur communauté mais aussi de veiller à son intégrité en administrant des soins et en la protégeant des ennemis visibles et invisibles, ce qui leur confère autorité et pouvoir au sein de la société. Cet ouvrage décrit tout d'abord la pratique des chasseurs en considérant son évolution historique et ses aspects sociaux et symboliques. Il présente leur organisation (donsoton) et sa participation à l'exercice du pouvoir politique et rituel, ainsi qu'à la gestion de la violence dans l'aire culturelle mandingue, notamment au Mali, en Guinée et en Côte d'Ivoire. Suivent l'étude de l'habitus des chasseurs, des techniques du corps qu'ils mobilisent et de la maîtrise de soi dont ils doivent faire preuve, ainsi que l'examen des relations qu'ils entretiennent avec la brousse et le gibier. Cette analyse révèle la résonance érotique de la chasse dans l'imaginaire mandingue et la dimension spirituelle et rituelle de cette activité, la rapprochant d'une pratique religieuse. L'auteur observe enfin l'impact des mutations socio-économiques contemporaines (notamment l'urbanisation, la croissance démographique et la déforestation qui ont entraîné la raréfaction du gibier) sur la pratique des chasseurs et s'interroge sur leur capacité à exercer aujourd'hui le pouvoir coercitif et rituel dont ils revendiquent l'héritage.

  • Ce livre fournit la matière d'une réflexion profonde sur la manière dont s'allient les conceptions de la mort et les comportements pendant les funérailles en Afrique d'une part, et la foi chrétienne d'autre part.

  • À partir d'une lecture des savoirs ethnographiques au Sahara Atlantique septentrional (Wad-Nun, Sagya al-Hamra et Tiris), cet ouvrage étudie les dispositifs à l'oeuvre dans le changement sociopolitique en cours. Le milieu villageois, oasien et pastoral, constitue en effet un terrain de réflexion sur l'évolution des formes tribales dans des espaces où la marocanité est contes - tée par le F. Polisario. L'auteur y questionne les différentes faces de l'identité pastorale et semi-pastorale.

    Dans le contexte de la gouvernance territoriale et de l'apparition de nouveaux modèles de leadership, le rapport traditionnel entre la région du WadNun et les deux régions de la Sagya al-Hamra et du Tiris fait place à de nouveaux types de comportement et d'action notabilaire. La comparaison entre les trois régions laisse à voir la possibilité d'une anthropologie postpolisarienne, qui fait le ménage dans le corpus abondant mais répétitif concernant le F. Polisario. D'entrée de jeu, l'auteur souligne l'avancée urbaine au Sahara et l'intérêt de la ville qui n'apparaît plus d'abord comme une créature étrangère, mais comme la représentation à la fois de l'État, de l'économie marchande et de la modernité.

    Dans les trois régions de la rive nord-ouest, la saharanité se présente désormais sous le régime de la coexistence de divers ensembles ethniques dans un même espace politique. Ce nouveau modèle marque une rupture avec les représentations antérieures de la saharanité, qui mobilisaient les images de la synthèse et de la fusion. Il détermine un autre espace, celui de la relation et de l'échange entre des groupes humains porteurs d'identités particulières, volontiers désigné par la notion d'interculturel, devenue au Sahara un maître-mot du langage politique ou médiatique. Le modèle est riche en promesses. L'ouvrage se clôt par une synthèse des débats instaurés aujourd'hui entre les études postcoloniales et des études du développement caractérisées par le manque de travaux sur le Maroc saharien.

  • L'ouvrage examine les différentes formes d'expression qui existent pour formuler le non-dit et l'indicible, le tabou et l'interdit, dans des cultures aussi différentes que celles du Mali, du Cameroun, du Niger, de la France, du Mexique, de Trinidad, de la Colombie, ainsi que chez un auteur comme Maupassant. Les exemples ont été pris pour la plupart dans des sociétés paysannes et urbaines, ainsi que dans des sociétés où l'Islam est prépondérant. Ces formes d'expression sont analysées en relation avec les conceptions et les codes sociaux des différentes cultures où elles ont cours.

    Les diverses stratégies de parole sont imposées par le code social. Elles prennent des formes variées selon la situation d'énonciation, les jeux de l'interlocution et la situation de communication des locuteurs. On a ainsi recours au non-dit pour éviter de mettre éventuellement en péril une relation, voire sa propre position au sein de sa communauté.

    Cependant, le ressenti personnel de l'énonciateur face à l'énonciataire est difficile à appréhender. C'est pourtant lui qui suscitera le détour verbal, la métaphore, ou le silence stratégique recouvrant une peur ou une désapprobation. C'est ce qui est le plus complexe à approcher pour l'observateur extérieur. C'est pourquoi les chapitres de ce recueil insistent sur l'articulation de la réflexion avec le code social qui oriente tout échange discursif, tentant ainsi de laisser apparaître quelques aspects de l'essence profonde de l'humain à travers le filtre des conventions. Le présent ouvrage est l'émanation d'un séminaire qui s'est tenu au LACITO (Laboratoire de langues et civilisations à tradition orale, du CNRS) de 2005 à 2010.

  • Contient un cahier-photos de 12 pages. En apparence, rien ne destinait Éric de Rosny (1930-2012) à cette vie d'exploration passionnée « aux frontières », si ce n'est cette insatiable curiosité associée à l'impératif absolu d'amour et de respect de l'Autre. Né au sein d'une famille de vieille noblesse française, il intègre dès ses 19 ans la Compagnie de Jésus. Celle-ci l'enverra en Afrique, essentiellement au Cameroun, où il exercera plusieurs responsabilités.

    Dès son arrivée à Douala, en 1957, le jeune enseignant est vite intrigué. Ses élèves font fréquemment allusion à la « sorcellerie ». En visiteur, curieux mais respectueux, il rencontre, lie amitié, assiste à des cérémonies. Il s'initie à la langue, observe, questionne. Sur les pas de Din, un nganga (guérisseur) qui lui « ouvre les yeux », il est initié aux mystères du monde invisible et aux rites de guérison traditionnels. Il est intégré à la société des vieux « sages patriarches » de Douala, les Beyum ba bato. Plus tard, sa recherche s'étendra au phénomène d'émergence de nouveaux mouvements religieux, ainsi qu'à la sensibilisation des tribunaux pour une nouvelle approche de la sorcellerie.

    Par le récit de cette initiation et la description vivante de la vie quotidienne doualaise, Éric de Rosny s'engage dans une nouvelle échappée, au sein du monde scientifique. En 1981, il connaît un grand succès par la publication du livre Les yeux de ma chèvre : sur les pas des maîtres de la nuit (Terres humaines). Près d'une dizaine d'autres livres et une centaine de contributions suivront. Son regard sur la société de Douala révèle la richesse culturelle de ce peuple : chacun, pour vivre et survivre, est confronté aux contraintes du monde moderne appréhendées avec la perception traditionnelle des forces occultes.

    Le présent ouvrage réunit les contributions de chercheurs d'horizons divers, camerounais, français, italiens, néerlandais, suisses, ayant pour la plupart collaboré de près avec Éric de Rosny. Ils éclairent la richesse et la singularité de ses analyses. Ils montrent aussi comment ce chercheur toujours en éveil a été pour eux une source d'inspiration, par les informations fournies et, plus encore, par sa méthode de recherche et la qualité de son regard. Ainsi se donne à découvrir un sage humaniste habité par la passion de la rencontre.

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