Puf

  • Le besoin d'empathie n'a jamais été aussi grand, à hauteur de la réponse nécessaire à la peur de l'autre et aux appels à son rejet, dans les urnes tout comme dans la rue. Ce que peut en dire l'anthropologue (ou l'ethnologue, c'est-à-dire l'anthropologue lorsqu'il mène ses enquêtes de terrain) n'est pas de l'ordre du jugement, de l'indignation ou de la compassion. C'est le récit d'une expérience : le monde vu depuis le lieu qu'occupent celles et ceux que Michel Agier rencontre, sur son « terrain ».
    Tout commence donc par la décision d'une rencontre, puis d'un échange et enfin d'une description du monde sans début ni fin, comme un exercice à la fois utile, permanent et accessible à toutes et tous. Tout ce qu'il peut comprendre, le savoir qu'il peut produire et transmettre, l'anthropologue le doit à l'histoire renouvelée d'une rencontre et d'une relation qui s'établit avec le monde qu'il découvre. Une relation qui, par méthode, le conduit vers l'empathie, seul moyen d'échapper aux préjugés et aux idées reçues.

  • Premier ouvrage de Claude Lévi-Strauss, Le totémisme aujourd'hui a marqué un tournant, silencieux mais décisif, dans l'ethnologie. Non seulement le concept de totémisme y a été déconstruit, mais l'approche évolutionniste s'est effacée au profit d'un nouveau paradigme structuraliste.
    Claude Lévi-Strauss évalue la pertinence du concept de totémisme pour désigner des groupes sociaux mettant en place une dynamique précise de continuité entre l'homme et la nature. Son postulat est le suivant : le totémisme est une illusion. Le terme de « totémisme » est une fabrication des ethnologues dans le but de déplacer ces phénomènes - aussi fascinants que dérangeants - hors de leur propre société. L'anthropologue ne s'en tient pas là : il veut comprendre les raisons de cette chimère. Revenant sur l'ensemble des recherches menées sur ce sujet, et étudiant les mêmes tribus aborigènes australiennes qui ont servi à élaborer ces théories, il redéfinit les contours de la notion de totémisme, la confronte aux phénomènes qu'il observe, pour finalement la dissoudre. En signant la fin du totémisme et des théories animalistes, il marque l'avènement du paradigme structuraliste dans l'étude des sociétés humaines et des rapports entre individus.

  • À travers l'étude du sacrifice, Hubert et Mauss s'intéressent au sacré et au rapport au sacré, dont l'étude ouvre une fenêtre sur la nature de la société puisque les choses sacrées sont choses sociales. À partir de l'idée de l'unité générique du sacrifice qui repose sur le postulat de l'unité du genre humain, la démarche suppose de s'intéresser à toutes les formes de sacrifices rituels pour en tirer le schème général ou type idéal. Ce parti pris méthodologique comparatiste, issu de l'école durkheimienne, fait toute l'originalité de l'essai à son époque et sa pertinence de nos jours, évitant les spéculations généalogiques qui établiraient l'antériorité d'une forme sur une autre. Ce texte classique permet de formuler une série de questions toujours actuelles pour l'ethnographie.

  • «Garfinkel tente de rendre aux faits sociaux de Durkheim, et à leur réalité objective, leur physionomie concrète et leur caractère sensible de «choses organisationnelles», c'est-à-dire de retrouver le travail vivant et méthodique - réalisé progressivement et temporellement en situation, sans référence expresse à des règles ou des modèles - d'ordonnancement, d'enquête, d'analyse, de mise en forme et de mise en sens, bref d'organisation dynamique, qui constitue ces faits comme réalité objective. C'est ce travail qui doit servir de «précédent» à l'analyse sociologique, pas le corpus de textes théoriques empruntés aux penseurs faisant autorité dans les sciences sociales. Le caractère incarné des méthodologies sociales mises en oeuvre dans ce travail doit être au fondement de toute enquête menée à son sujet.» M. Barthélémy et L. Quéré

  • Publié dans une version reliée en 1991, puis réédité dans un format poche, ce dictionnaire est un « outil culturel » passionnant et indispensable, non seulement pour connaître les grands noms de la discipline (94 ethnologues sont présentés) mais aussi pour comprendre leur langage et leurs concepts, car « c'est avec cet instrument analytique qu'ils affrontent la réalité sociale, organisent leur savoir et définissent les orientations de leur réflexion et c'est à travers leur langage que, de l'extérieur, la discipline est identifiée » (P. Bonte et M. Izard).

  • « Les conduites d'anticipation s'imposent aujourd'hui dans leur grande variété comme un fait majeur de notre temps », constatait l'auteur dès 1990. Plusieurs fois réédité et corrigé, ce manuel est devenu une introduction classique à l'analyse de ce que l'on appelle les « conduites à projet » et « les cultures de projet ».
    Mais, « lorsqu'il passe de la phase de conception à la phase de réalisation, le projet constitue-t-il un guide efficace à l'action » ? Que nous apprend le projet sur la condition humaine lorsque celle-ci se préoccupe du « faire advenir » ? Cette approche anthropologique du projet vise à identifier la diversité des situations, à repérer les invariants, à comprendre comment fonctionne le projet dans différents ensembles culturels, à s'interroger sur la façon dont les individus, les groupes, les cultures construisent et vivent leur rapport au temps.

  • « Que restera-t-il de l'humanité lorsque toutes nos forêts auront été brûlées, nos rivières asséchées, nos ressources naturelles épuisées ? » L'itinéraire de l'Indonésien Iwan Asnawi, qui a renoncé à son métier d'avocat pour devenir guérisseur, est extraordinaire à plus d'un titre. Iwan Asnawi a grandi dans la jungle indonésienne, sur un territoire qui deviendra l'un des plus déforestés de son pays, et socialement le plus dangereux. Par son histoire, il est le témoin de la vie politique de son pays, des conséquences écologiques, culturelles et sociales désastreuses de la déforestation massive imposée par la dictature militaire qui a sévi pendant plus de trente ans en Indonésie. Cet ouvrage rend honneur à l'histoire indonésienne, à ses clans, à ses croyanc es, à son syncrétisme spirituel si étonnant d'un point de vue européen. On comprend que détruire la jungle, c'était détruire une spiritualité ancestrale. Mais Iwan est animé par l'espoir d'un avenir possible, qui renouerait avec les valeurs qui ont construit l'identité indonésienne, dont de nombreux clans spirituels perpétuent aujourd'hui la transmission.

  • « Mauss s´est montré toute sa vie obsédé par le précepte [...] selon lequel la vie psychologique ne peut acquérir un sens que sur deux plans : celui du social, qui est langage ; ou celui du physiologique, c´est-à-dire l´autre forme, celle-là muette, de la nécessité du vivant. Jamais il n´est resté plus fidèle à sa pensée profonde et jamais il n´a mieux tracé à l´ethnologue sa mission d´astronome des constellations humaines, que dans cette formule où il a rassemblé la méthode, les moyens et le but dernier de nos sciences et que tout Institut d´ethnologie pourrait inscrire à son fronton : "Il faut, avant tout, dresser le catalogue le plus grand possible de catégories ; il faut partir de toutes celles dont on peut savoir que les hommes se sont servis. On verra alors qu´il y a encore bien des lunes mortes, ou pâles, ou obscures, au firmament de la raison." »

  • Ethnologie française a 50 ans. À l'occasion de cet anniversaire, la revue est racontée en 53 mots - sans doute pour des années qui comptent double. Les membres du comité de rédaction, éditrices et anciens collaborateurs de la revue ont choisi de le célébrer de façon toute personnelle. Pour certains, ce sera la déclinaison de quelques motifs d'attachement qui peuvent être des objets ou des démarches intellectuelles, mais aussi des lieux ou des situations. D'autres ont livré quelques « secrets » de fabrication : la manière dont un numéro se construit, se traduit, se corrige, etc. D'autres encore ont souligné la façon dont la revue s'emparait de vastes questions mais reposait pour cela sur beaucoup de « petits riens ». Loin du format et du ton académiques de la revue, dans un style très libre qui tient l'article à distance pour mieux permettre un retour affecté sur soi, cette livraison spéciale offrira de quoi sillonner entre « Anniversaire » et « Verbe » en passant, au gré de son humeur, par « Bureau », « Grand Oral », « Poème », « Refus » ou « Classé X ». En somme un joli abécédaire qui est aussi un spicilège de ce qui fait l'identité de la revue.

  • Si, longtemps, l'anthropologie de l'Europe s'est penchée sur la question des identités nationales, de la mosaïque culturelle, des dynamiques religieuses et de la place dans le monde de ces différents phénomènes, la construction de l'Union Européenne a suscité de nouvelles recherches sur la circulation des hommes et des objets, sur les frontières, ainsi que sur les institutions européennes. Dans ce contexte, Mairead Nic Craith notait que la citoyenneté est un concept aveugle aux questions culturelles chères aux anthropologues. Et l'on peut remarquer en miroir que l'ancienne obsession des anthropologues pour les spécificités culturelles historiques (régionales et nationales) les a rendus également aveugles aux constantes politiques, sociales et économiques de la vie des citoyens de l'Union Européenne du XXIe siècle et aux écarts qui se sont creusés entre la vie de ses citoyens et celle des autres Européens et extra-Européens à ses portes. Comme les crises qu'a traversées l'Union Européenne récemment (la gestion des réfugiés, le terrorisme ou le Brexit) le montrent, l'UE est devenue une évidence sousquestionnée, une unité qui va de soi et n'est interrogée que lorsqu'elle est remise en cause, contestée et niée. Dans ce registre, les questions de migrations et de gestion du multiculturalisme au sein des pays de l'UE, ont occupé l'essentiel des recherches, quand les contestations les plus fortes au sein de l'UE (autour du vote de la constitution européenne, par exemple) sont dues à l'incertitude d'une Europe sociale, qui se voudrait héritière des Étatsprovidence d'après-guerre. Quelle est donc la physionomie de cette Europe 25 années après le traité de Maastricht ? Et quelles ethnographies peut-on en proposer ?

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  • Ce livre écrit et publié en 1928, confronte les observations des premiers chroniqueurs (XVIe-XVIIe siècles) sur le cannibalisme des Tupi du Brésil avec les données ethnographiques modernes sur des sociétés de la même famille linguistique pour dégager un tableau de la religion tupi. L'analyse critique et méticuleuse des sources historiques et la perspective comparative l'amènent à mettre l'anthropophagie rituelle au coeur d'un complexe qui inclut la guerre, la vengeance perpétuelle et l'aspiration messianique, formant un complexe qui évoque le "phénomène social total" de son maître Marcel Mauss.
    La permanence de ce complexe au fil des siècles, établie par la comparaison, n'est pas le moindre mérite du travail d'Alfred Métraux. Toutes ces sociétés, mues par la vengeance, cherchent en même temps leur salut dans un au-delà terrestre, la "terre-sans-mal", qui éclaire les étonnantes migrations de cette région du continent, qui ont débuté dès avant la conquête. L'attention portée aux données, parfois contradictoires d'un chroniqueur à l'autre, le conduit à mettre en évidence un fonds commun religieux à tous les groupes tupi dont il retrouve trace au début du XXe siècle dans le groupe Apapocuva étudié par Nimuendaju.

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  • « Le thème de l'identité se situe non pas seulement à un carrefour, mais à plusieurs. Il intéresse pratiquement toutes les disciplines et toutes les sociétés qu'étudient les ethnologues ; il intéresse enfin l'anthropologie. »

  • Remerciements, 9 Note sur la transcription des mots na et chinois 1 Symboles, 12 Introduction, 13 PREMIÈRE PARTIE LE CONTEXTE 1 - LA PRÉSENTATION GÉNÉRALE, 27 L'identité, 27 - La classification linguistique, 29 - L'identification officielle, 30 - La revendication de l'identité, 30 - La géographie de la région de Yongning, 31 - Les voies de communication, 31 - L'économie, 33 - L'administration de Yongning, 37.

    2 - LA STRATIFICATION SOCIALE, 40 Les règles de comportement, 40 - Sïpi, 41 - Dzéka, 42 - We, 43.

    3 - LE RÉGIME POLITIQUE JUSQU'EN 1956, 51 Une vision générale du système de tusi en Chine, 51 - La première période (221 avant notre ère - 1253) et la seconde période (1253-1956), 51 - Le régime politique du tusi na, 55 - La division de la région de Yongning en deux zones, 58 - Le droit coutumier des roturiers, 60.

    4 - LE RÉGIME FONCIER JUSQU'EN 1956, 64 La terre publique, 64 - Les mouvements de propriété foncière, 66 - La terre des lignées aristocratiques, 69 - La terre des lignées roturières, 71 - La terre des serfs, 72 - La terre de village, 73 - L'impôt et divers tributs, 73.

    5 - LES RELIGIONS, 78 Les daba, 78 - Les lama, 81 - Le rôle politique de l'organisation bouddhique, 83.

    6 - LES ETHNIES VOISINES, 86 Les Pumi, 86 - Les Han, 87 - Les Zhuang, 87 - Les Yi, 87 - Les Li-su, 88 - Les Miao, 88 - Les Tibétains, 88 - Les Naxi, Les Bai, Les Hui, 88 - L'attitude du zhifu à l'égard de l'immigration, 88.

    DEUXIÈME PARTIE LA PARENTÉ ET LE MODE DE VIE SEXUEL 7 - LE FONDEMENT DU SYSTÈME DE LA PARENTÉ NA, 93 L'enquête généalogique, 93 - Le concept de procréation, 95 - La consanguinité, 97 - La matrilignée, 97 - Les chefs de la matrilignée, 99 - La prohibition de l'inceste et l'interdiction d'évocation sexuelle, 101 - La résidence et l'héritage, 103 - La nomenclature de la parenté, 112 - L'adoption, 119 - La scission de la lignée, 125 - Le lignage, 129 - La lhe légendaire, 132 - La réciprocité, 133 - La naissance, 136 - La dénomination de l'enfant, 136 - Le nom de lignée, 138 - La puberté, 139.

    8 - LA VISITE FURTIVE, 143 La définition, 143 - Nouer la relation, 144 - Le déroulement de la visite, 148 - Les critères de choix, 151 - Les dons et contre-dons, 154 - La multiplicité de partenaires et la discontinuité de relation, 155 - L'enquête de cas, 158 - La jalousie et la fidélité, 162 - La relation intra- et intervillageoises, 164 - Le comportement des classes d'âge, 166 - Les disputes entre villages, 169 - Les rapports interethniques, 170 - La question de la prostitution, 171 - Les hommes comme géniteurs et les " bâtards ", 172 - Les normes régulant la relation d'açia, 175 - Les seize combinaisons logiques et pratiquées de relation d'açia, 177.

    9 - LA VISITE OSTENSIBLE, 181 La définition, 181 - Nouer la relation, 181 - Le repas rituel, 182 - Les dons et contre-dons, 183 - Le déroulement de la visite ostensible, 184 - Le privilège sexuel, 185 - La jalousie et la tolérance, 186 - L'indépendance des dhu zï dhu mi, 188 - Les normes réglant la relation des dhu zï dhu mi, 191.

    10 - LA COHABITATION, 200 La définition, 200 - L'uxorilocalité, 201 - La virilocalité, 202 - La néolocalité, 203 - Zo min et mu min, 207 - La condition préalable de la cohabitation, 216 - Les normes de la cohabitation, 217.

    11 - LE MARIAGE DU FILS UNIQUE COMME TYPE, 227 La définition, 227 - La demande de " donner " une fille, 227 - Les cérémonies

  • Publié en 1995 dans la collection le sociologue, cet ouvrage fut, en français, l'un des premiers à montrer comment une problématique sociologique de l'ethnicité a pu se constituer.
    Le terme ethnique, s'appliquant à des réalités hétérogènes, les sociologues se doivent d'examiner comment une vision ethnique peut-être pertinente et comment l'ethnicité devient un facteur de division, non nécessairement conflictuel, de la vie sociale. le texte de l'anthropologue fredrik barth, traduit et présenté par les auteurs, est l'un de ces textes fondateurs de l'analyse de l'ethnicité. une nouvelle préface complète cette réédition en poche.

  • Le "métier" de chercheur au jour le jour... Cet ouvrage débute par un entretien avec Gérard Noiriel qui joue le rôle de l'enquêteur sur le pourquoi d'un travail aussi inédit en sciences sociales. "Il est peu fréquent, même en ethnologie, qu'on publie ensemble les résultats du travail d'enquête et les matériaux qui composent le journal de terrain", remarque-t-il. "Il m'a semblé indispensable, répond l'auteur, de comprendre la façon dont j'avais observé pour pouvoir tirer les leçons de mes observations elles-mêmes", ceci malgré les critiques venues du milieu ethnographique lui-même. C'est l'un des points forts de ce livre : la publication du journal de terrain doublé du "journal" de recherche, les réflexions suscitées par l'observation et, parallèlement, l'auto-analyse du chercheur sur son travail. Un ouvrage passionnant, qui permet de comprendre et de "voir" ce que réalise l'ethnographe à travers ses enquêtes et ses analyses.

  • Jack Goody, dans Famille et mariage en Eurasie, s'est fixé pour objet premier l'examen approfondi des pratiques de la parenté en Asie et au Proche-Orient.
    Cette enquête, qui se situe dans le prolongement de l'étude comparée de la formation de la famille préindustrielle entreprise dans L'évolution de la famille et du mariage en Europe (1985), amène l'auteur à envisager la transmission des biens dans ses rapports tant avec l'économie politique qu'avec les structures familiales et idéologiques.
    Qu'il aborde l'Antiquité ou l'époque contemporaine, loin de se satisfaire de la cohérence et de la rigueur apparentes des normes écrites, Goody poursuit ses exploitations Entre l'oralité et l'écriture (PUF, 1993) pour mettre en lumière le jeu subtil des interactions entre la richesse et la complexité des pratiques, et le caractère nécessairement réducteur de l'écrit.
    Le périple entrepris en Extrême-Orient conduit logiquement l'auteur en Europe. En effet, les notions relatives à l'unicité de l'Occident se révèlent sans fondement et force est d'admettre que bien des travaux antérieurs consacrés à la parenté asiatique ont été involontairement faussés par l'application de concepts et démarches empruntés à des formations sociales de tout autre nature, qu'elles soient simples ou postindustrielles.
    Plutôt qu'une unicité de l'Occident, c'est l'unité de l'Eurasie qu'il convient de postuler.

  • " il en est du totémisme comme de l'hystérie.
    Quand on s'est avisé de douter qu'on pût arbitrairement isoler certains phénomènes et les grouper entre eux, pour en faire les signes diagnostiques d'une maladie ou d'une institution objective, les symptômes même ont disparu, ou se sont montrés rebelles aux interprétations unifiantes. " claude lévi-strauss.

  • Le premier numéro de Monde Commun est le manifeste de ce collectif d'anthropologues, réunis autour de Michel Agier, qui entendent faire de l'anthropologie une matière publique et porter à bout de bras les sujets les plus brûlants. En choisissant comme thème inaugural la violence, il affirme l'attachement de ce groupe d'universitaires à une discipline engagée et ancrée dans le moment présent : la violence est partout, toujours, mais jusqu'à quel point est-elle supportable ? Certaines violences sont-elles plus tolérables que d'autres et les pires horreurs doivent-elles masquer les violences quotidiennes ? À partir de quand le chercheur a-t-il le devoir de devenir un lanceur d'alerte ?
    Les trois volumes suivants seront :
    Fake News , sur la désinformation et les politiques du mensonge ;
    Petit Citadin, mauvais citoyen, sur l'ampleur du vote extrême dans les villes petites et moyennes ;
    Multitude migrante, pour expliquer que chaque peuple est issu des migrations

  • Depuis quelques décennies, le passé de l'esclavage est devenu une question sociétale importante et dont la charge politique est considérable. Issus de recherches concernant des contextes africains, américains et européens, les articles ici réunis interrogent les gestes, les récits et les visions propres à l'institution globalisée et plurielle d'une mémoire culturelle des traites négrières. Une telle mémoire est à l'oeuvre dans la création de lieux, de monuments, de rituels ou de discours dont la quête de consensus ou de réparation n'est pas sans soulever, parfois, de vives polémiques et de fortes tensions. Ainsi, ce dossier vise à montrer les manières dont le souvenir du passé esclavagiste se manifeste également par le biais de postures morales, de revendications identitaires et d'émotions. Analyser les enjeux sous-jacents de reconnaissance, d'héritage, de dette qui gouvernent ces fabrications mémorielles est l'un des objectifs de cette livraison.

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  • Qu'est-ce que comparer deux sociétés, deux institutions ou deux mythes ? C'est à partir de cette question qu'on peut comprendre l'oeuvre de Lévi-Strauss.
    Au lieu de répertorier les ressemblances entre les cultures, il choisit de faire de leurs différences le moteur de la comparaison. Ce geste, qui trouve son point d'aboutissement dans les Mythologiques, est indissociable d'une thèse sur la production des phénomènes culturels : chaque société forge ses mythes et ses rites en traduisant et en défor-mant ceux de ses voisines. Comparer ne se réduit donc pas à classer les faits sociaux, mais devient un moyen de saisir le fonctionnement de l'esprit humain aux points de contact entre les cultures, d'éclairer les opérations mentales par lesquelles elles construisent leurs différences.
    C'est dans l'étude des mythes que ce redéploiement du savoir anthropologique s'est opéré. Afin d'en éclairer les enjeux, ce livre retrace une histoire conceptuelle qui passe par Tylor, Granet, Dumézil, mais aussi Freud, Saussure et Jakobson. Il conduit à une réinterprétation de la notion de structure : loin de figer la vie sociale dans des modèles immuables - comme on le lui a souvent reproché -, elle est une manière de décrire les dynamiques de transformation qui amènent chaque culture à affirmer une identité distinctive.

  • Margaret Mead prétendait en 1928, avoir observé aux Iles Samoa que la liberté sexuelle chez les adolescents était favorisée par la culture polynésienne. En réalité M. Mead a reproduit un mythe occidental ancien, dont l'ouvrage ici révèle le mécanisme : comment le mythe a orienté la préparation puis le contenu de l'enquête de Mead.

    Il fournit également les résultats d'une récente enquête sur les représentations culturelles de la sexualité à Samoa.

  • En partant de la grande diversité des évaluations de projet ou de la constitution fréquente aujourd'hui de monographies de projet, il est possible d'identifier les règles incontournables sans lesquelles tout projet va se trouver inévitablement malmené ; mettre en évidence ces règles, c'est faire oeuvre de grammairien cherchant à définir le cadre incontournable à l'intérieur duquel va pouvoir se déployer l'espace de possibles que va utiliser l'écriture d'un projet ; ces différentes règles sont ici passées en revue, depuis l'art du jet et la démarche itérative du travail de conception et de réalisation jusqu'à la rose des vents des projets, la sémiotique des acteurs, en passant par le bon usage des paronymes du projet, les sept grandes familles de projet et les relations capricieuses entre programme et projet. Ces neuf règles identifiées permettent d'esquisser les caractéristiques fondatrices de toute conduite de projet. Enseignant-chercheur en Psychosociologie, Jean-Pierre Boutinet est professeur émérite à l'Université catholique de l'Ouest, professeur associé à l'Université de Sherbrooke (Canada) et chercheur associé à l'Université Paris X. Il a notamment publié, aux Puf, Anthropologie du projet (" Quadrige ", 2004).

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  • Cet ouvrage est le fruit d'une expérience de l'enseignement universitaire de l'anthropologie des religions, éclairée par la fréquentation des grands auteurs autant que par la connaissance du terrain des religions, notamment africaines.
    Ce parcours personnel n'est ni une simple introduction à l'anthropologie des religions, ni une étude spécialisée des grandes figures de l'anthropologie et de leurs théories de la religion. Les choix retenus privilégient l'association étroite d'un anthropologue, d'une oeuvre et d'un objet : par exemple, Claude Lévi-Strauss, Le totémisme aujourd'hui, et la fonction symbolique. Sont donc étudiés ici des auteurs aussi importants que R. Bastide, M. Augé, J. Favret- Saada, Cl. Geertz ou encore R. Hertz. Chemin faisant, les filiations et les reprises du questionnement sont soulignées autant que les ruptures. Le fil conducteur est la question qu'Evans-Pritchard fut l'un des premiers à poser :
    Le rapport des anthropologues aux choses religieuses dans la construction même de leurs objets. Anthropologue africaniste, André Mary est agrégé de philosophie, professeur des universités, et depuis 1994, directeur de recherche au CNRS. Il est actuellement membre du Centre d'Études Interdisciplinaires des Faits Religieux de l'EHESS.

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