À propos

"On rêve, on a les yeux ailleurs, on n'est plus là : c'est un détour pour échapper, enfant, à sa famille. On aime, on voyage, on sème des mots : c'est un détour pour échapper au temps, à la réalité. On ouvre les mains, on refuse les choses acquises, on lâche la proie pour l'ombre : c'est un détour pour ne pas se laisser prendre au piège du confort. Un peu au hasard, Daniel parcourt ainsi, de l'enfance à l'âge d'homme, les chemins détournés qui lui permettent de prendre le large vis-à-vis de sa classe sociale, de l'habitude, de tout ce que cachent les mots fortune, réussite ou talent. À la fin, au moment où les bras de Cyrilla, qu'il aime, s'ouvrent pour l'étreinte durable, le couple, l'avenir,
Daniel s'enfuit et, dit-il, "une minute, je suis heureux d'un inexplicable bonheur, d'un bonheur qui ne ressemble à aucun autre, car il n'a pas renoncé". La valeur de ce roman tient dans l'agilité et le charme du langage : tout y est grâce, rapidité, humour, cependant que perce sous les images une volonté systématique d'être jeune, de ne pas accepter ce qui pourrit l'enthousiasme, le besoin de découverte, l'amour. La poésie, ici, n'est plus seulement dans les mots, elle descend dans la vie, devient sa règle unique et proclamée, si bien que l'écriture, toujours courant, toujours nous entraînant, a ce merveilleux pouvoir de nous jeter au coeur de l'aventure, tout naturellement...



Rayons : Littérature générale > Romans & Nouvelles

  • EAN

    9782841421701

  • Disponibilité

    Disponible

  • Nombre de pages

    94 Pages

  • Longueur

    16.7 cm

  • Largeur

    12 cm

  • Épaisseur

    0.6 cm

  • Poids

    90 g

  • Distributeur

    Harmonia Mundi

  • Support principal

    Poche

René Crevel

René Crevel (1900-1935). Dadaïste, surréaliste, communiste, révolutionnaire, homosexuel, toxicomane, tuberculeux, de tous les créateurs de l'entre-deux guerres, René Crevel a sûrement eu la trajectoire la plus rayonnante, la plus exigeante, la plus brûlante qui soit. Après l'aventure dadaïste, il rejoint André Breton et le groupe surréaliste et, bien que très critique à l'égard du mouvement, il en devient l'un de ses acteurs exemplaires. Par la suite, il adhère au Parti communiste et travaille à un rapprochement entre communisme et surréalisme, notamment à l'occasion du Congrès international pour la défense de la culture, mais son échec, s'ajoutant à l'aggravation de sa maladie (une tuberculose rénale) le conduit au suicide. L'ensemble de son ½uvre : Détours (1924), Mon corps et moi (1925), La Mort difficile (1927), Babylone (1927), Êtes-vous fous ? (1929), Les Pieds dans !e plat (1933) définit le récit surréaliste comme un genre refusant les conventions
romanesques, mêlant l'obsession autobiographique au désespoir et à la révolte, accordant la création artistique et l'action révolutionnaire par la subversion de l'écriture. Ses attaques radicales contre la société bourgeoise, incarnée par sa mère, se retrouve exaltées dans ses essais polémiques (L'Esprit contre la raison, 1927 ; Le Clavecin de Diderot, 1932) où il revendique la libération du désir, s'efforçant d'articuler le marxisme à la psychanalyse.

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