La Jérusalem d'or

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La Jérusalem d'or

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La Jérusalem d'or est le livre de réconciliation des identités juives et américaines de Charles Reznikoff. Entre évocations quotidiennes, chant biblique et conclusion philosophique, le recueil, porté par l'écriture objectiviste caractéristique de l'auteur, semble tendu entre lieu et histoire, entre Manhattan et Jérusalem. Pas d'exil ici, mais des rues étranges. Au milieu des vieux journaux abandonnés, des boîtes de conserves, des chewing-gums, des emballages, Reznikoff cristallise une vision de l'origine et de la modernité, dans un jeu de visions sousjacentes. L'origine remonte de toute chose, en toute chose animée de sous la terre, qui porte en elle la mémoire des matériaux qui la fondent. L'attention du poème est à la présence du monde, aux gouttelettes du monde, au scarabée silencieux. Dans cette Amérique du début du XXè siècle, soudain les voitures, les usines, le métro, sont un arrière plan. Reznikoff porte son regard sur les arbres, la densité des feuillages, sur les pétales dans l'air, le ciel bleu, les miroitements du soleil sur l'eau au milieu du vacarme des rues. Tout ce qui est en vie entre le passage des humains. Dans un geste qui efface la ville, ou qui en renverse la domination, le poème s'attarde sur un oiseau sautillant seul dans la rue déserte avant de s'envoler. C'est une quête de la permanence dans le cycle du vivant. Dans la mort et le refleurissement. L'irruption du fabuleux, dans ce cheval qui traverse au milieu de la circulation, comme une émanation de légende. Le merveilleux des contes toujours renouvelé, en quête profonde de simplicité, une célébration du monde au coeur du béton.

  • EAN 9782877041959
  • Disponibilité Disponible
  • Longueur 21 cm
  • Largeur 15 cm

Rayon(s) : Littérature générale > Poésie

Charles Reznikoff

Charles Reznikoff (Brooklyn 1894 - New York 1976) est une figure majeure de l'Objectivisme poétique, aux côtés de Louis Zukofsky, George Oppen et Carl Rakosi. Ces poètes, réunis très informellement dans les années trente autour de préoccupations communes, prônèrent une poésie non lyrique, en prise directe avec le réel - en l'occurrence la mégapole américaine -, rétive à la métaphore.ÿ« La poésie présente l'objet afin de susciter la sensation. Elle doit être très précise sur l'objet et réticente sur l'émotion. » L'injonction, revendiquée par Reznikoff, pourrait servir de définition à l'Objectivisme poétique, dont le point de départ serait le conseil, la formule de William Carlos Williams : « No ideas, but in things » (pas d'idées, sinon dans/par les choses) Reznikoff précisait : « Je suppose qu'on peut qualifier du terme objectiviste un écrivain qui n'écrit pas directement sur ses sentiments, mais sur ce qu'il voit et ce qu'il entend, qui se restreint presque au témoignage devant une cour d'assise, qui exprime ses sentiments indirectement par le choix de son sujet, et, s'il écrit en vers, par sa musique. » Et cela, comment ? « Nommer, nommer, toujours nommer. » Né dans le quartier juif de Brownsville, de parents russes ayant récemment fui les pogroms consécutifs à l'assassinat du tsar Alexandre II, avocat de formation n'ayant quasiment pas exercé, Reznikoff n'a presque jamais quitté New York. Il arpentera cette ville quotidiennement toute sa vie : il était capable de marcher sur une centaine de blocs et les anecdotes sur ses rencontres, ses mésaventures et ses amitiés sur le trottoir new-yorkais sont innombrables. Il gagnera sa vie dans toute une série d'occupations subalternes, dont quelques années en qualité de factotum d'un ami producteur à Hollywood (son unique infidélité à New-York), vendeur dans le commerce de chapeaux de ses parents, ainsi que rédacteur de l'encyclopédie légiste Corpus Jury pour laquelle il compile des résumés de jurisprudence.

Grand format - 15.00 €

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